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Rom’s de Villeneuve le Roi Orly

Une maison pour 2012 : Orly et le Val-de-Marne font un cadeau aux Roms Intégrer et sédentariser plutôt qu’expulser :

le département du Val-de-Marne finance à Orly des maisons en kit pour 17 familles roms, sur un terrain prêté par la mairie. « Merci le conseil général, bonne année et bonne santé ! », s’exclame Venus, un homme brun costaud qui a emménagé en décembre après avoir vécu pendant 10 ans dans une caravane avec sa femme et ses 5 enfants. 75 Roms ont été sélectionnés parmi les 150 habitants des bidonvilles insalubres d’Orly et de Villeneuve-le-Roi, selon un critère d’ancienneté.

Les familles se sont également engagées à scolariser leurs enfants, 34 au total, et devaient montrer une volonté de s’insérer rapidement. « D’ici 3 ans, les Roms devront avoir trouvé un travail et un logement, et gagné leur autonomie », explique Marc Nectar, le « M. Roms » du conseil général (PCF) du Val-de-Marne. Les capacités d’insertion pas critère principal -- Mais à la différence des « villages d’insertion » du type d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), les capacités d’intégration n’ont pas été le principal critère. « On a aussi des personnes âgées, pas forcément insérables, auxquelles on a voulu laisser la possibilité de rester en famille », souligne Christèle Maïcon, de l’association Habitat et Soins, qui gère le projet. L’autre originalité, c’est le principe d’autoconstruction. Les pavillons, de simples cubes en bois de 50 m2, ont été « montés à la visseuse » en 4 mois, explique François Taconet, directeur d’Habitat solidaires, le maître d’ouvrage. « Comme un meuble Ikea ! », s’enthousiasme M. Nectar. Mais les chefs de famille n’ont pas tous équitablement donné de leur temps, comme prévu initialement, certains rechignant à abandonner leur activité rémunératrice de ferrailleur. Depuis début décembre, Elena, visage lumineux, a déjà su donner un air coquet à sa maison en installant d’épais tapis au sol et des broderies aux murs.Rien à voir avec la tente où elle vivait depuis un an avec son mari, Vali, 42 ans, et leur fille de 9 ans. « Il faisait froid », se rappelle la petite Raluca, joues rebondies et adepte du rose de la tête aux pieds, qui couve du regard le radiateur de sa chambre. Volet intégration -- Le chantier fini, Habitat et Soins peut se consacrer au volet « intégration » du projet : obtention d’un titre de séjour et d’un visa de travail, cours de français, formation professionnelle pour les adultes, accompagnement à l’emploi. « Dans l’ensemble, l’accueil à Orly a été remarquable, avec une vraie compréhension et une ouverture d’esprit », se félicite Mme Maïcon.

A quelques exceptions près : Madalin, 12 ans, s’est fait chahuter au collège, des ados prétendant l’avoir vu faire la manche. Son père Venus l’interrompt : « Chut, tout le monde est gentil à Orly ». 1,4 million d’euros pour la construction -- « C’est à nous de travailler pour faire tomber les appréhensions. Non, les Roms ne sont pas forcément des voleurs de poules ! », s’emporte Vincent Rebérioux, conseiller de la maire (DVG). Mais dans une ville qui comporte 60 % de logements sociaux, certains s’irritent de ce qu’ils appellent le « cadeau » fait aux Roms : 1,4 million d’euros pour la construction et 400 000 euros annuels pour l’accompagnement social. L’essentiel du coût est supporté par le conseil général, en dehors d’une subvention de la région Ile-de-France et d’une demande au niveau européen. Un dispositif lourd pour le département, qui se dit désormais ouvert aux initiatives des collectivités.

 

Par pcfvlr le 20 janvier, 2012 dans Non classé

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