Navigation | L’ambition communiste pour un Front de gauche populaire et citoyen

Pages

Catégories

L’ambition communiste pour un Front de gauche populaire et citoyen

Cette présentation interne a eu lieu à la fédération  PCF du Val de marne le 22 avril. Notre secrétaire de section Grégory Géminel présentait et défendait au cours d’un échange serein et constructif malgré les désaccords, le texte alternatif 1 projet de base commune. Pour retouver le projet de base commune présentait par le Conseil national du PCF sortant et les autres textes alternatifs http://congres.pcf.fr/

 

logo pcf94

 

Présentation du texte « L’ambition communiste pour un Front de gauche populaire et citoyen »

Ce texte est le fruit d’un travail véritablement collectif. Il est aujourd’hui soutenu par près de 700 communistes de par leur expériences et sensibilités très divers issus de 75 fédérations, soit bien au-delà des 300 (de 25 fédérations) que requièrent nos « beaux » statuts.

C’est donc un texte événement dans ce congrès. D’abord parce qu’il rencontre nombre de préoccupation des communistes : comment faire progresser l’influence communiste et faire vivre un projet communiste du XXIe siècle, poursuivre et amplifier le Front de gauche plutôt que de l’abandonner, déjouer le piège de 2017, démocratiser et rendre notre parti plus efficace et jovial. Il a été conçu comme une base commune à discuter, à amender. D’ailleurs, cela a déjà commencé puisqu’il est possible de le faire sur le site ambition-communiste.fr. Ce texte a contribué à libérer la parole évitant les caricatures.

Rédigé en quelques jours après que le CN a adopté son projet (avec seulement 80 votant sur 160 membres), il a été conçu aussi résolument pour être court et faciliter la lecture et non un texte fleuve tout en respectant l’ordre du jour. Il exprime surtout une cohérence différente. Il est, nous semble-t-il, le mieux à même de rassembler l’ensemble des communistes pour leurs débats.

Mais ce texte est aussi un événement car il a déjà permis de faire bouger les lignes.

Son existence même a conduit la DN à évoluer, ou à tenter de donner des signes d’évolution. Le Front de gauche, unilatéralement déclaré « un échec », était enterré en décembre dernier dans les déclarations de la DN. Il a progressivement resurgit dans les discours, notamment dans la récente résolution du Conseil national (même si celle-ci ne se propose pas de relancer « le Front de gauche », c’est à dire l’objet politique commun que nous avons initié, mais de « renouveler la démarche de rassemblement initiée avec le Front de gauche », donc de passer à autre chose).

Même chose pour les « primaires de toute la gauche ». Après s’être dit « disponible » mi-janvier 2016, des membres de la DN Se sont ensuite massivement investie dans cette construction, sans consulter d’ailleurs les militants. Notre secrétaire national est même allé jusqu’à accepter la participation de François Hollande à ces primaires, affirmant le 21 février « n’avoir « aucun problème » avec cela car j’ai confiance dans le choix que feront les citoyens de gauche ». je l’ai vécu comme un nouveau choc après le vote floue sur Etat d’urgence de début décembre pour nombre d’entre nous et les régionales.

Il ajoutait : « Nous, on pense qu’il faut d’ici l’été des débats citoyens dans tout le pays. Il faut à partir de là écrire un socle politique partagé, pas un programme, un socle minimum qui garantirait une sorte de droit d’entrée dans la primaire, à la fois pour les électeurs et pour les candidats, et puis ensuite des déclarations de candidature et une primaire à l’automne ». Depuis, face à la pression montante des adhérents exprimant leur doute et désaccord, et l’exigence de clarté portée par notre texte, la direction a dû reculer, ce montrant moins affirmative sur le périmètre, notamment en raison de l’évidence, le parti socialiste présentera quoiqu’il arrive une candidature conforme à son projet social-libéral et Solférino. Au dernier CN, Hollande a été formellement «exclut » du processus de primaire. Mais la résolution adoptée continue de faire comme s’il était possible de rassembler les adversaires et les soutiens aux politiques menées depuis 2012, en invitant « les forces disponibles dans toute la gauche sociale et politique pour une construction alternative à la politique de François Hollande ». Les déclarations Chahin caha  déstabilisent trop les militants, ils sont dèjà fort essoufflés par leurs vies et les combats menés. Il faudra donc bien pousser jusqu’au congrès ces débats pour qu’ils soient arbitrés. Mais l’événement principal, c’est nous semble-t-il, le contenu du texte lui-même.

Le projet

Sur la partie projet, comme nous l’écrivons, nous n’exprimons pas de désaccords majeurs sur tel ou tel point. Notre différend porte sur le sens du mot projet. Le texte du Conseil national semble hésiter entre projet (c’est à dire visée) et programme. Programme a minima parfois d’ailleurs ce qui serait cohérent si l’objectif était de produire un texte de compromis, servant opportunément de base pour négocier avec des partenaires dans le cadre d’une primaire de toute la gauche.

Au contraire, notre approche du projet cherche à exprimer simplement et sur une dizaine de questions essentielles, ce que pourrait être une visée communiste de notre temps. Nombre de communistes, nous ont déjà fait part de leur satisfaction face à l’effort réalisé vers cet objectif. Au fond, notre texte tente de construire un nouveau récit, un imaginaire communiste du XXIe siècle.

Deux exemples de perspectives de luttes et de construction avancées par le texte comme :

Le texte se propose de faire de la libération du travail contraint et de l’abolition du salariat capitaliste, des perspectives concrètes de notre temps. Il se propose également de faire de la maîtrise citoyenne des technologies qui se répandent dans notre quotidien (Internet, OGM, nano-technologies,…) un chantier démocratique nouveau.

L’ensemble de la partie projet tente donc de poser des perspectives communistes de notre temps, comme autant d’invitations, d’ambitions communistes et donc de chantiers à ouvrir.

La stratégie

Le coeur de notre désaccord avec le texte de base commune du Conseil national porte sur la stratégie. Le chemin ne colle pas avec la volonté affichée. Ce dernier tournant le dos à la stratégie de Front de gauche, a été rédigé pour rendre possible l’inscription du PCF dans des primaires de toutes la gauche, autour d’un socle de contenu minimal.

Le texte de la direction propose, un virage stratégique mortifère

La direction prend argument de la « gravité » de la situation, avec la montée du Front national et le risque de disparition de la gauche. Mais elle néglige trois éléments essentiels.

D’abord l’exceptionnelle gravité de la situation actuelle relève avant tout de la crise systémique qui s’exprime violemment dans maints domaines : économique, écologique, anthropologique. Face à cette situation, il y a besoin de mettre en débat des solutions, des ruptures radicales et non un programme minimum. Dans un contexte de mondialisation et de financiarisation de l’économie, les réponses sociales-démocrates traditionnelles sont inopérantes : c’est pourquoi d’ailleurs, il est si nécessaire de porter une nouvelle ambition communiste, ce que s’efforce de faire la première partie du texte.

Ensuite, l’absence d’analyse de l’état de la sociale démocratie et la profondeur de son discrédit dans le peuple français. D’ailleurs, le texte de la direction pointe systématiquement du doigt le couple Valls/Hollande, passant sous silence le soutien systématique de la majorité des parlementaires socialiste et de l’appareil. Regardons en 94, comment ça se passe dans vos villes et dans les majos municipales ? La colère sociale monte, et la construction artificielle d’un rassemblement de la gauche, ou avec une poignée de frondeurs nostalgique du bourget, ne constituerait nullement une digue solide contre l’extrême droite et les dérives néo-conservatrice, mais placerait le Fhaine en situation de capitaliser un peu plus sur l’exaspération populaire. L’enjeu de 2017, ce n’est pas la « disparition de la gauche » mais l’existence d’une force rassemblée de rupture avec le capitalisme productiviste et les dominations.

Au fond, la stratégie proposée par le texte de la direction nationale, nous inscrit dans une démarche électoraliste, une logique de l’union passée et qui nous ramènerait à la vieille gauche plurielle. Même habillée avec un processus de « primaires » qui ne peut être pervertie par le projet, nous considérons que cette stratégie ne permettrait pas la mobilisation de celles et ceux qui ont déserté les bureaux de vote et tout particulièrement les classes populaires. La clé d’un renouveau de la vie politique, et d’un rassemblement majoritaire autour d’un projet de transformation sociale, c’est bien pour nous la mobilisation de celles ci. C’est aussi la prise en compte de ce qui émerge dans la société, la mobilisation massive contre la Loi El Khomri, porteuse d’espoir, mais aussi des formes nouvelles de contestation dans les quartiers mais surtout de construction politiques, comme Nuit debout, que notre Parti ne devrait pas regarder avec suspicion mais soutenir activement.

Nous proposons une issue concrète et ambitieuse

Notre texte propose une feuille de route claire, qui permet d’envisager l’état d’urgence social actuel, les échéances de 2017 avec ambition, et qui nous projette au-delà.

D’abord, nous proposons de ne pas jeter par dessus bord « L’humain d’abord », notre programme,  bien commun du Front de gauche et objet populaire. C’est un repère qui a trop disparu des discours de la DN. L’ambition communiste suppose donc de repartir du programme L’Humain d’abord et non d’un « socle minimal » auquel nous conduiraient jusque décembre des négociations de sommet (fiasco du forum libé notre primaire) ou le questionnaire de la campagne « Que demande le peuple » qui risque d’exprimer de fait des attentes contradictoires des gens que nous allons interroger.

Nous proposons donc un processus citoyen de réactualisation de l’Humain d’abord et ses 9 chapitres forts. Comme nous proposons, pour le dépasser, de partir de l’acquis du Front de gauche dans ses objectifs : offrir une alternative de ruptures et dans le processus de recomposition de la gauche, en finir avec l’hégémonie du PS et déplacer le centre de gravité de la gauche vers des solutions de plus hautes portées.

Notre parti pourrait prendre l’initiative proposer aux forces du Front de gauche de lancer (ou relancer) des assemblées citoyennes dans tout le pays, au plus près des classes populaires : des assises locales ouvertes à tous, y compris les adhérents où sympathisans du PS et d’EELV qui souhaiteraient s’impliquer dans un processus visant à partir de l’Humain d’abord, à travailler à une rupture claire avec les politiques libérales.

Ce processus se conclurait à l’automne par assises nationales composées de délégués locaux, formulant le projet et actant des candidatures communes. En donnant aux citoyennes et aux citoyens eux-mêmes le pouvoir de maîtriser les choix de projet et de candidatures à l’occasion des principales échéances politiques de notre pays, cette démarche constituerait une innovation majeure dans la vie politique. Elle manifesterait notre volonté commune de secouer un système politique obsolète qui dépossède les citoyens de leurs pouvoirs et aboutit de surcroît de plus en plus à la paralysie. Elle constituerait un signal très fort susceptible d’identifier une offre politique radicalement nouvelle, d’offrir une perspective au mouvement social et, comme en Grèce ou en Espagne, de mobiliser à nouveau des catégories populaires aujourd’hui résignées à l’abstention. Ainsi serons-nous fidèles à notre raison d’être et pourrons-nous retrouver dans la société le rôle utile qui doit nous identifier.

Cette feuille de route, présente en outre le mérite de tenir compte de l’existence de la candidature de Mélenchon, ce que semble ne pas vouloir faire la direction nationale. Sa décision unilatérale est certes dommageable. Mais elle pouvait être anticipée. A ce stade, peut-on concevoir de construire, une réponse politique n’en tiendrait pas compte et qui serait concurrente de celle que construit Jean-Luc Mélenchon ? Ne serait-ce pas jouer de la division que nous prétendons limiter ? Nous ne proposons pas de rallier à la candidature de Mélenchon. Notamment parce que celle-ci, prend des formes aujourd’hui, de personnalisation qui ne nous semble pas justes. Mais le cadre que nous proposons, parce qu’il s’inscrit dans la logique du Front de gauche, ne lui permettrait pas de poursuivre longtemps son « cavalier seul». La force citoyenne fraternelle, de la démarche s’imposerait à lui, ses 100 000 soutiens, comme à nous tous et ceux enfermés dans le fatalisme.

Le Parti

Le cœur de notre texte vise à affirmer qu’il faut un parti adapté à ce projet et à cette démarche politique. On ne peut en rester seulement à des améliorations certes nécessaires – comme une direction plus transparente, rendant mieux compte de ses débats, évaluant les conséquences de ses prises de décisions… après les dernières séries électorales par exemple. Il nous faut un parti transformé moins dans l’injonction, qui prennent mieux en compte l’absolue nécessité de l’horizontalité, les mouvements sociaux, syndicaux, de jeunesse. Un parti car encore présent presque partout, avec l’atout de ses élus qui puisse aider les citoyens à être acteurs d’une démarche plus participative. Au fond, il s’agit d’en finir avec la logique de rassemblement citoyen autour d’un ou de partis, mais bien d’un parti communiste avançant et au service du rassemblement citoyen, à partir de son apport. Mais cela aussi, cela ne peut être fait dans le vide ou dans une ouverture résumée à la gauche du PS. Cela n’est possible que si nous assumons notre parti pris communiste et la radicalité de nos propositions, d’un nouvel état d’esprit de conquête. Il me semble capable de mieux rayonnait ainsi, il n’est pas question ici de dilution donc. Nous le disions, ce texte a déjà contribué à faire bouger les lignes. Pourtant, celles-ci restent pleine d’ambigüités.

Pour aller vers une véritable clarification et une construction commune de tous les communistes, il faut que notre texte rassemble le maximum de votants.

Par pcfvlr le 4 mai, 2016 dans Non classé

Laisser un commentaire

Luisant Pour Tous |
Collectif antilibéral de Ch... |
Blog de Michel Issindou |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Tristes topiques
| Le blog de Pierre Roche : ...
| aijfcameroun